Un homme taille un arbre fruitier

La période de taille ne dépend pas du calendrier mais de l’espèce. Les arbres fruitiers à pépins se taillent en hiver, ceux à noyaux après la récolte. Se tromper coûte une année de production, parfois l’arbre lui-même.

La règle de base : pépins ou noyaux

C’est la seule distinction vraiment importante.

Les fruitiers à pépins, pommiers et poiriers, supportent la taille d’hiver. La sève est descendue, l’arbre est au repos, les plaies cicatrisent lentement mais sans risque.

Les fruitiers à noyaux, cerisier, prunier, abricotier, pêcher, détestent la taille d’hiver. Tailler sur bois dormant provoque des écoulements de gomme et ouvre la porte aux maladies, notamment au chancre et à la moniliose.

Retenez la formule : les noyaux se taillent après la récolte, les pépins pendant l’hiver.

Le calendrier détaillé

Pommier et poirier : de novembre à fin mars, hors période de gel. La taille de fructification se pratique idéalement en février, quand les bourgeons sont visibles et faciles à distinguer.

Cerisier : taille minimale, juste après la récolte, entre juin et août. Cet arbre supporte mal la coupe, il faut le tailler le moins possible.

Prunier : après la récolte également, en fin d’été. Contentez-vous de supprimer le bois mort et les branches qui se croisent.

Abricotier : fin d’été, après la récolte, jamais en hiver. C’est l’espèce la plus sensible aux maladies de taille.

Pêcher : exception notable, il se taille en fin d’hiver, en février ou mars, juste avant la floraison. Il fructifie sur les rameaux de l’année précédente, une taille annuelle est indispensable.

Figuier, noyer, châtaignier : taille très légère, en fin d’hiver pour le figuier, en automne pour le noyer qui pleure abondamment au printemps.

Faut-il tailler chaque année

Oui pour le pêcher et les formes palissées, dont les branches perdent vite leur équilibre. Non pour un cerisier, que l’on peut laisser plusieurs années sans le tailler. Entre les deux, un pommier ou un poirier de plein vent se taille tous les ans ou tous les deux ans selon sa vigueur.

Les trois types de taille

La taille de formation concerne les trois à cinq premières années de l’arbre fruitier. Elle construit la charpente, oriente les branches maîtresses et détermine la forme définitive de l’arbre, gobelet, palmette ou axe central.

La taille de fructification équilibre chaque année le bois et les fruits. C’est elle qui permet une production régulière au lieu d’une alternance une année sur deux. Une bonne taille de fructification vise l’équilibre entre charpente et rameaux à fruits.

La taille de rajeunissement s’applique à un vieil arbre négligé. Étalez-la sur deux ou trois ans, tailler sévèrement en une fois épuise l’arbre.

Les conditions météo

Elles priment sur la date.

Ne taillez jamais par temps de gel. Le bois est cassant, les tissus éclatent et les plaies ne cicatrisent pas.

Évitez également de tailler par temps de pluie ou de brouillard. Une plaie humide est une porte d’entrée pour les champignons.

La bonne fenêtre : une journée sèche, sans vent glacé, avec des températures au-dessus de zéro.

Ce que l’on supprime, quelle que soit l’espèce

Les branches mortes, cassées ou malades, à retirer en priorité et à brûler plutôt qu’à composter.

Les gourmands, ces branches verticales et vigoureuses qui ne donneront jamais de fruits.

Les branches qui se croisent ou frottent entre elles.

Les branches qui poussent vers l’intérieur et empêchent la lumière d’atteindre le cœur de l’arbre.

Un arbre fruitier bien taillé doit laisser passer la lumière partout. C’est le critère le plus simple pour juger du résultat.

Les outils

Un sécateur pour les rameaux jusqu’à 2 cm, un coupe-branches au-delà, une scie d’élagage pour les grosses sections.

Désinfectez les lames à l’alcool entre chaque arbre. C’est le geste le plus négligé, et le principal vecteur de transmission des maladies d’un sujet à l’autre.

Coupez en biais, juste au-dessus d’un bourgeon tourné vers l’extérieur, sans laisser de chicot.

L’erreur la plus fréquente

Tailler trop, et au mauvais moment. Un arbre fruitier réagit à une coupe sévère par une explosion de gourmands, qui consomment l’énergie sans produire de fruits.

Mieux vaut une taille légère chaque année, au bon moment, qu’une intervention brutale tous les cinq ans. Sur un jeune arbre fruitier, la modération donne toujours de meilleurs résultats que la sévérité.