Des plants de fraises avec un paillage

Le paillage des fraisiers n’est pas un confort, c’est une nécessité. Sans lui, les fraises touchent la terre, pourrissent et se salissent. Avec lui, la récolte est propre, l’humidité du sol reste stable et les mauvaises herbes disparaissent. Reste à choisir la bonne matière.

Pourquoi pailler les fraisiers

Le premier rôle est mécanique : le paillage isole les fruits du sol. Une fraise posée sur la terre nue se tache, s’abîme et attire les limaces.

Le deuxième rôle est sanitaire. La pourriture grise, principal fléau de cette culture, se propage par les éclaboussures de terre lors des arrosages et des pluies. Un paillis coupe ce chemin.

Le troisième rôle est hydrique. Le fraisier a un système racinaire superficiel, il souffre vite du manque d’eau. Un sol couvert garde son humidité et divise les besoins en arrosage.

Vient enfin le contrôle des adventices, qui concurrencent directement des plants peu vigoureux.

Quand poser le paillage

Deux moments possibles.

À la plantation, en été ou au début de l’automne, juste après avoir installé les plants et arrosé copieusement.

Au printemps, en mars ou avril, sur une terre déjà réchauffée, avant que les premières fleurs ne se transforment en fruits.

Évitez de pailler en plein hiver sur un sol froid et détrempé. Vous enfermez l’humidité au pied des plantes et favorisez la pourriture du collet.

Les matières organiques

La paille reste la référence, et elle a donné son nom à la pratique. Légère, aérée, elle laisse passer l’eau et isole parfaitement les fraises. Comptez 5 à 7 cm d’épaisseur. Préférez une paille issue de culture non traitée.

Les aiguilles de pin conviennent très bien. Le fraisier apprécie les sols légèrement acides, et ce paillage joue dans le bon sens. Elles se tassent peu et durent une année entière.

Le chanvre et le lin se présentent en paillettes fines, très propres d’aspect, faciles à étaler. Ils se décomposent en une saison et enrichissent le sol, mais coûtent plus cher.

Les tontes de gazon séchées deux jours fonctionnent, en couche de 3 cm maximum. Étalées fraîches et épaisses, elles fermentent et brûlent le collet.

Le bois broyé est à réserver aux allées. Sa décomposition mobilise l’azote en surface, ce qui pénalise une culture déjà peu gourmande en vigueur.

La toile de paillage

C’est la solution des producteurs, et elle se défend dans un jardin.

La toile tissée perméable, posée avant plantation avec des croisillons découpés pour chaque plant, tient trois à cinq ans. Elle supprime totalement les mauvaises herbes et garde les fruits propres.

Le film plastique noir réchauffe le sol au printemps et avance la récolte de dix jours environ. Il est en revanche imperméable, ce qui impose un arrosage au goutte-à-goutte installé dessous.

Une toile biodégradable, en amidon de maïs ou en fibres végétales, existe aussi. Elle se dégrade en une à deux saisons, ce qui convient bien à une culture que l’on renouvelle tous les trois ans.

Le reproche fait à ces produits : ils empêchent l’enracinement des stolons, et le sol ne s’enrichit pas.

Le cas des stolons

C’est le point qui oppose paillage organique et toile.

Si vous souhaitez multiplier vos fraisiers, les stolons doivent pouvoir s’enraciner. Une paille ou un paillis de chanvre le permettent, une toile non.

Si au contraire vous voulez concentrer l’énergie de la plante sur les fruits, la toile est un avantage : elle bloque les stolons, que vous coupez au fur et à mesure.

Comment procéder

Désherbez soigneusement avant toute chose, y compris les racines de vivaces.

Arrosez copieusement le sol, le paillage ne fait que conserver l’humidité présente.

Étalez la matière entre les plants et sous les feuilles, en dégageant bien le cœur du fraisier. Un collet enterré ou couvert pourrit.

Rechargez en cours de saison si la couche s’affaisse, notamment avec la paille qui se tasse beaucoup.

Après la récolte

Retirez le paillage souillé en fin de récolte, surtout s’il a été en contact avec des fruits pourris. Compostez-le à l’écart ou évacuez-le.

Nettoyez les feuilles mortes et les stolons non conservés, puis remettez une couche fraîche avant l’hiver pour protéger les racines du gel.

Ce cycle simple, répété chaque année, suffit à maintenir une fraiseraie productive pendant trois à quatre ans avant renouvellement des plants.